@phdthesis{bibcite_650, author = {Isabelle Bouchard}, title = {Des syst{\`e}mes politiques en qu{\^e}te de l{\'e}gitimit{\'e}~: terres {\guillemotleft}~seigneuriales~{\guillemotright}, pouvoirs et enjeux locaux dans les communaut{\'e}s autochtones de la vall{\'e}e du Saint-Laurent (1760-1860)}, abstract = {

Cette th{\`e}se de doctorat porte sur la mani{\`e}re dont s{\textquoteright}exerce localement le pouvoir politique au sein de deux communaut{\'e}s autochtones de la vall{\'e}e du Saint-Laurent (Kahnawake et Odanak) entre la Conqu{\^e}te (1760) et le transfert de Londres vers l{\textquoteright}administration coloniale de la pleine responsabilit{\'e} dans la gestion des Affaires indiennes (1860). D{\'e}laissant la question traditionnelle du r{\^o}le diplomatique des chefs aupr{\`e}s des autorit{\'e}s coloniales, cette th{\`e}se se concentre plut{\^o}t sur leurs pr{\'e}rogatives li{\'e}es {\`a} la gestion des terres et des ressources dans les terres {\guillemotleft}\ seigneuriales\ {\guillemotright} du Sault-Saint-Louis (Kahnawake) et de Saint-Fran{\c c}ois (Odanak). {\`A} partir de la seconde moiti{\'e} du XVIIIe si{\`e}cle, les chefs font en effet de la gestion des terres et des ressources poss{\'e}d{\'e}es communalement l{\textquoteright}une des principales assises de leur autorit{\'e}.

Apr{\`e}s la Conqu{\^e}te et le d{\'e}part de leurs anciens tuteurs officieux (les j{\'e}suites), les chefs autochtones de Kahnawake et d{\textquoteright}Odanak agissent comme {\guillemotleft}\ seigneurs\ {\guillemotright}, sans l{\textquoteright}intervention des autorit{\'e}s coloniales. {\`A} ce titre, ils conc{\`e}dent des censives {\`a} des Canadiens, g{\`e}rent le moulin banal, nomment des interm{\'e}diaires et d{\'e}terminent de l{\textquoteright}utilisation des redevances {\guillemotleft}\ seigneuriales\ {\guillemotright}. Dans la m{\^e}me foul{\'e}e, les chefs cherchent {\`a} affermir leur autorit{\'e} sur leur {\guillemotleft}\ domaine\ {\guillemotright}, soit sur les terres que les membres de ces communaut{\'e}s se r{\'e}servent pour leur propre usage. Les pr{\'e}rogatives revendiqu{\'e}es par les chefs, notamment celles de r{\'e}glementer l{\textquoteright}usage des terres et des ressources, sont toutefois contest{\'e}es par certains membres de leur communaut{\'e}. Au c{\oe}ur de notre probl{\'e}matique se situe donc la mani{\`e}re dont les Autochtones con{\c c}oivent et contestent la l{\'e}gitimit{\'e} de l{\textquoteright}autorit{\'e} exerc{\'e}e par leurs chefs et les modalit{\'e}s de la r{\'e}ponse de ces derniers qui tentent de ma{\^\i}triser ces contestations.

Cette th{\`e}se met {\'e}galement en lumi{\`e}re la mani{\`e}re dont le gouvernement colonial entend asseoir son autorit{\'e} sur les terres des Autochtones de la vall{\'e}e du Saint-Laurent {\`a} partir des ann{\'e}es 1820. Les autorit{\'e}s coloniales nomment alors des agents pour r{\'e}colter les redevances {\guillemotleft}\ seigneuriales\ {\guillemotright} {\`a} la place des interm{\'e}diaires nomm{\'e}s par les chefs. Tirant profit des conflits intracommunautaires, les officiers des Affaires indiennes accroissent, dans la d{\'e}cennie suivante, leur contr{\^o}le sur la gestion des fonds publics des communaut{\'e}s autochtones dans le but que ces revenus soient utilis{\'e}s en vertu des vis{\'e}es de la nouvelle politique de civilisation. L{\textquoteright}autorit{\'e} des chefs autochtones se trouve d{\`e}s lors fragilis{\'e}e, car ceux-ci doivent d{\'e}sormais rendre compte de la mani{\`e}re dont ils emploient les fonds publics aux officiers des Affaires indiennes. Des membres des communaut{\'e}s autochtones r{\'e}clament en outre de plus en plus d{\textquoteright}avoir un mot {\`a} dire {\`a} cet {\'e}gard.

Finalement, cette th{\`e}se d{\'e}montre comment les transformations de l{\textquoteright}{\'E}tat bas-canadien dans les ann{\'e}es 1840 et 1850 influencent le pouvoir des chefs autochtones ainsi que le statut de leurs terres. Pour se distinguer des nouvelles structures de pouvoir local que sont les corporations municipales, les Autochtones revendiquent un statut de pupille de la Couronne britannique et favorisent {\'e}galement l{\textquoteright}uniformisation du statut de leurs terres. La mise en {\'e}vidence de l{\textquoteright}absence de personnalit{\'e} juridique des communaut{\'e}s autochtones permet {\'e}galement aux Affaires indiennes d{\textquoteright}accro{\^\i}tre leur contr{\^o}le sur les terres des Autochtones au d{\'e}triment de l{\textquoteright}autorit{\'e} des chefs, qui appara{\^\i}t alors de plus en plus pr{\'e}caris{\'e}e au milieu du XIXe si{\`e}cle.

}, year = {2017}, pages = {413}, month = {07/2017}, publisher = {Universit{\'e} du Qu{\'e}bec {\`a} Montr{\'e}al}, address = {Montr{\'e}al}, url = {https://archipel.uqam.ca/10903}, }