@phdthesis{bibcite_533, author = {Kathleen Lord}, title = {Days and Nights: Class, Gender and Society on Notre-Dame Street in Saint-Henri, 1875-1905}, abstract = {

Dans l{\textquoteright}histoire du Qu{\'e}bec de la fin du XIXe et du d{\'e}but du XXe si{\`e}cle, la vie quotidienne des personnes dans la rue n{\textquoteright}a pas re{\c c}u l{\textquoteright}attention {\`a} laquelle elle pouvait pr{\'e}tendre. Cette th{\`e}se rejoint un nombre limit{\'e} d{\textquoteright}{\'e}tudes r{\'e}centes qui tendent {\`a} redresser cette n{\'e}gligence. Elle marque une contribution significative aux examens existants des villes non-am{\'e}ricaines et l{\textquoteright}histoire sociale du Canada gr{\^a}ce {\`a} l{\textquoteright}usage de cat{\'e}gories peu employ{\'e}es et de questions rarement soulev{\'e}es dans les recherches sur l{\textquoteright}histoire de la classe ouvri{\`e}re pendant la p{\'e}riode d{\textquoteright}industrialisation. Une approche holistique de la philosophie marxiste offre les fondements th{\'e}oriques pour un engagement sensible face {\`a} la vie quotidienne de la rue en milieu urbain. A titre de lieu intense de sociabilit{\'e}, la rue Notre-Dame, rue principale de la banlieue de Saint-Henri, livre une perspective unique de l{\textquoteright}usage complexe de l{\textquoteright}espace public et de ses liens avec l{\textquoteright}espace social. Cette th{\`e}se couvre la p{\'e}riode s{\textquoteright}{\'e}talant des ann{\'e}es de l{\textquoteright}incorporation de la ville en 1875 {\`a} celle de son annexion {\`a} la ville de Montr{\'e}al en 1905.

La rue Notre-Dame a subi des changements notables durant cette p{\'e}riode. De rue principale d{\textquoteright}une petite ville aux abords de Montr{\'e}al, elle devient la principale art{\`e}re commerciale d{\textquoteright}une ville industrielle empress{\'e}e. La d{\'e}cennie 1890 a {\'e}t{\'e} plus particuli{\`e}rement marqu{\'e}e par des changements importants, caract{\'e}ris{\'e}s par une croissance significative de la population et des changements d{\textquoteright}envergure dans la forme physique. En cons{\'e}quence, des tensions entre classes et ethnies se sont intensifi{\'e}es. En 1891, une dispute de travail {\`a} l{\textquoteright}usine Merchants Manufacturing s{\textquoteright}est propag{\'e}e dans les rues et l{\textquoteright}{\'e}lite locale contestait le refus de George A. Drummond de payer des taxes municipales en 1897. L{\textquoteright}usage de p{\'e}titions, de prot{\^e}ts ou de lettres notari{\'e}es t{\'e}moignait de la r{\'e}sistance face au monopole de contr{\^o}le des services. Les partis politiques des travailleurs et travailleuses, les journalistes, et les ligues de r{\'e}forme municipale mettaient au d{\'e}fi l{\textquoteright}{\'e}lite locale dont les pratiques incessantes de d{\'e}passement budg{\'e}taire ont eu pour cons{\'e}quence une dette substantielle et l{\textquoteright}annexion.

L{\textquoteright}{\'e}tude d{\textquoteright}une rue locale au sein d{\textquoteright}une communaut{\'e} industrialis{\'e}e montre la distribution dominante. sociale et politique. des biens et du pouvoir. Cela met en lumi{\`e}re des diff{\'e}rences significatives entre les id{\'e}ologies de classe diversifi{\'e}es qui se manifestaient dans la gestion de l{\textquoteright}espace public de la rue. Une id{\'e}ologie {\'e}conomique lib{\'e}rale contribuait au d{\'e}veloppement d{\textquoteright}une ville moderne occidentale par la cr{\'e}ation de divisions entre espaces publics et priv{\'e}s. Toutefois, l{\textquoteright}usage social, la pr{\'e}sence visible des classes laborieuses et marginales et des femmes sugg{\`e}re une r{\'e}alit{\'e} diff{\'e}rente. {\`A} partir d{\textquoteright}une grande vari{\'e}t{\'e} de sources {\'e}crites et visuelles, la reconstruction de la vie quotidienne dans la rue montre que les femmes, les hommes et les enfants vivaient et fr{\'e}quentaient les maisons, les boutiques et les bureaux sur le chemin du travail et au retour, ainsi que plusieurs autres lieux de loisir. Le rythme de la vie quotidienne de la rue {\'e}tait ponctu{\'e} par des {\'e}v{\'e}nements inhabituels de nature comm{\'e}morative. criminelle et tragique qui mettaient l{\textquoteright}accent sur les liens entre structures spatiales et exp{\'e}rience subjective.

Ainsi, la gestion locale de l{\textquoteright}espace public entra{\^\i}nait des antagonismes de classe, caract{\'e}ris{\'e}s par la n{\'e}gociation, la transgression et la r{\'e}sistance. Cette th{\`e}se postule que les politiques de cet espace public profitaient aux int{\'e}r{\^e}ts de classe d{\textquoteright}une grande bourgeoisie de Montr{\'e}al et d{\textquoteright}une petite bourgeoisie locale, au d{\'e}triment des classes ouvri{\`e}res. Ces int{\'e}r{\^e}ts conflictuels de classe se manifestaient de plusieurs mani{\`e}res. L{\textquoteright}exclusion et l{\textquoteright}appropriation des espaces sociaux et symboliques s{\textquoteright}exprimaient par des mod{\`e}les distincts de propri{\'e}t{\'e} et de location. Une grande bourgeoisie anglophone poss{\'e}dait des lotissements vides et divis{\'e}s. Une petite bourgeoisie francophone dominait la propri{\'e}t{\'e} fonci{\`e}re et une majorit{\'e} de locataires vivaient dans les logements de la me principale et dans les rues adjacentes de la ville. La forme de l{\textquoteright}infrastructure physique {\'e}tait synonyme de croissance des monopoles et d{\textquoteright}intervention locale minime. La manifestation civique de la c{\'e}l{\'e}bration r{\'e}gl{\'e}e et rituelle de la parade accentuait l{\textquoteright}identit{\'e} catholique. Les tentatives visant {\`a} imposer un code de comportement appropri{\'e} et {\'e}l{\'e}gant dans les rues de la ville ont conduit {\`a} la r{\'e}gulation morale et au contr{\^o}le social du comportement criminel.

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