@phdthesis{bibcite_425, author = {Marie-Pier Bouchard}, title = {{\guillemotleft}~Paroisses de femmes~{\guillemotright}. Exp{\'e}riences des femmes lors des migrations saisonni{\`e}res masculines dans la r{\'e}gion de Charlevoix, 1940-1980}, abstract = {

La r{\'e}gion de Charlevoix, {\`a} la g{\'e}ographie aussi pittoresque que contraignante, est rapidement devenue un terroir satur{\'e}, o{\`u} les habitants durent user de multiples strat{\'e}gies pour subsister\ : certains se r{\'e}sign{\`e}rent {\`a} partir d{\'e}finitivement, mais d{\textquoteright}autres parvinrent {\`a} rester dans la r{\'e}gion, du moins de fa{\c c}on discontinue. C{\textquoteright}est ce qui donna lieu aux migrations p{\'e}riodiques masculines, o{\`u} les hommes, pour quelques mois ou presque toute l{\textquoteright}ann{\'e}e, quittent leur village natal pour travailler au loin, que ce soit en mer, en for{\^e}t ou dans d{\textquoteright}autres villes.

Dans ce m{\'e}moire, il est question non pas des hommes qui partent, mais des femmes qui restent. Nous avons voulu comprendre comment se d{\'e}clinaient les exp{\'e}riences f{\'e}minines de l{\textquoteright}absence maritale et nous avons ainsi interview{\'e} dix-sept femmes ayant v{\'e}cu, pour la majorit{\'e}, les migrations du mari et, dans quelques cas, celles du p{\`e}re, dans une p{\'e}riode qui s{\textquoteright}{\'e}chelonne de 1940 {\`a} 1980. Pour appr{\'e}hender cette r{\'e}alit{\'e}, trois niveaux ont {\'e}t{\'e} privil{\'e}gi{\'e}s\ : l{\textquoteright}espace {\'e}conomique, pour bien d{\'e}finir le contexte dans lequel ces migrations ont eu lieu; l{\textquoteright}espace familial, qui nous permet de mieux comprendre comment les femmes g{\`e}rent ce rythme d{\textquoteright}absence et de pr{\'e}sence maritales; et l{\textquoteright}espace communautaire, qui nous informe de la fa{\c c}on dont les femmes interagissent avec ce milieu marqu{\'e} par l{\textquoteright}absence.

Territoire {\`a} la nature capricieuse, Charlevoix est un espace marqu{\'e} par les allers retours de ceux qui doivent quitter mais souhaitent revenir. Pourtant, {\`a} l{\textquoteright}inverse du nomadisme des hommes, il y a aussi l{\textquoteright}ancrage des femmes, qui restent malgr{\'e} les mis{\`e}res de l{\textquoteright}absence maritale. Fortes d{\textquoteright}une autonomie qu{\textquoteright}elles affermissent et affirment, alors qu{\textquoteright}elles doivent savoir se d{\'e}brouiller seules, et soutenues par des r{\'e}seaux de sociabilit{\'e} tr{\`e}s forts, o{\`u} la famille occupe une place pr{\'e}pond{\'e}rante, les femmes s{\textquoteright}enracinent dans ce territoire de solitude, mais aussi de solidarit{\'e}.

}, year = {2017}, pages = {197}, month = {2017}, publisher = {Universit{\'e} Laval}, address = {Qu{\'e}bec}, url = {http://hdl.handle.net/20.500.11794/28102}, }