@phdthesis{bibcite_1887, author = {Alison Longstaff}, title = {Un artiste au quotidien au tournant du XXe si{\`e}cle~: le cas de Ludger Larose, 1868-1915}, abstract = {
Dans le prolongement de notre m{\'e}moire de ma{\^\i}trise, dans lequel nous avons {\'e}tudi{\'e} les id{\'e}es et l{\textquoteright}engagement intellectuel de Ludger Larose (1868-1915), nous poursuivons l{\textquoteright}analyse de la vie de ce peintre, professeur de dessin, franc-ma{\c c}on, esp{\'e}rantiste et libre-penseur anticl{\'e}rical, en nous appuyant sur la documentation conserv{\'e}e par sa famille, et notamment sur son journal intime. D{\textquoteright}une richesse insoup{\c c}onn{\'e}e, cette documentation nous fait p{\'e}n{\'e}trer dans son univers quotidien et permet d{\textquoteright}explorer et de comprendre de nombreuses facettes de la vie d{\textquoteright}un individu complexe et {\'e}quivoque. Notre probl{\'e}matique part de ce qui pourrait sembler antinomique chez Larose\ : qu{\textquoteright}un libre-penseur {\'e}pris de modernit{\'e} produise un art traditionnel, paradoxe qui incite {\`a} une r{\'e}flexion sur la modernit{\'e} de la soci{\'e}t{\'e} et de l{\textquoteright}art au Qu{\'e}bec {\`a} la Belle {\'e}poque. Il s{\textquoteright}av{\`e}re que Larose consid{\`e}re que la mission du peintre canadien {\`a} ce moment est de participer {\`a} la mise en place d{\textquoteright}un syst{\`e}me d{\textquoteright}enseignement local, d{\textquoteright}o{\`u} sa volont{\'e} de transmettre un art {\guillemotleft}\ acad{\'e}mique\ {\guillemotright}, techniquement correct, accessible {\`a} la collectivit{\'e}, un art servant au rel{\`e}vement du Canada fran{\c c}ais. Mais si son art est traditionnel, ses id{\'e}es sur l{\textquoteright}art, inspir{\'e}es de l{\textquoteright}approche sociologique et positiviste d{\textquoteright}Hippolyte Taine, sont intimement li{\'e}es {\`a} la modernit{\'e} intellectuelle, ce qui rend compte des changements de mentalit{\'e}s en rapport {\`a} l{\textquoteright}art dans la p{\'e}riode appel{\'e}e {\guillemotleft}\ pr{\'e}moderne\ {\guillemotright}. Ses {\'e}crits intimes d{\'e}montrent que Larose ne se borne pas {\`a} la pratique de l{\textquoteright}art; il investit des {\'e}nergies {\`a} de nombreuses autres activit{\'e}s. Il manifeste une passion pour l{\textquoteright}enseignement comparable {\`a} celle qu{\textquoteright}il ressent pour l{\textquoteright}art. Par les nombreuses transactions immobili{\`e}res, l{\textquoteright}exploitation d{\textquoteright} une imprimerie et des placements d{\textquoteright}argent, Larose se montre un homme d{\textquoteright}affaires nettement int{\'e}ress{\'e} {\`a} sa mobilit{\'e} ascendante. Du m{\^e}me coup, son journal fait d{\'e}couvrir un mode de vie qui refl{\`e}te celui d{\textquoteright}une partie de sa classe sociale, la petite bourgeoisie francophone montr{\'e}alaise du tournant du si{\`e}cle. {\`A} l{\textquoteright}intime, plusieurs pratiques prouvent que Larose est un penseur moderne et progressiste\ : sa curiosit{\'e} intellectuelle, ses lectures, son f{\'e}minisme et son ouverture face {\`a} des pratiques nouvelles telles que l {\textquoteright}hypnotisme et l{\textquoteright} esp{\'e}ranto ; par son anticl{\'e}ricalisme, son darwinisme et son ouvri{\'e}risme, il est {\'e}vident qu{\textquoteright}il va plus loin que bon nombre de r{\'e}formistes autour de lui. Sa vie associative refl{\`e}te ses positions progressistes. Dans une douzaine d{\textquoteright}associations, comme la loge ma{\c c}onnique l{\textquoteright}{\'E}mancipation, la Saint-Vincent-de-Paul, le Club de l{\textquoteright}Ind{\'e}pendance du Canada et la Ligue de l{\textquoteright}Enseignement, il utilise sa position sociale de petit bourgeois comme plate-forme {\`a} partir de laquelle stimuler le progr{\`e}s et les r{\'e}formes. Nous remarquons qu{\textquoteright}il {\'e}volue progressivement vers l{\textquoteright}action politique et une lutte de plus en plus ouverte pour le progr{\`e}s. L{\textquoteright}{\'e}tude de ses relations sociales pour quatre ann{\'e}es (1894, 1896, 1901 et 1907) r{\'e}v{\`e}le qu{\textquoteright}il circule dans une vari{\'e}t{\'e} de r{\'e}seaux sociaux qui sont non seulement des regroupements ponctuels o{\`u} se vit une convivialit{\'e} petite-bourgeoise, mais aussi, {\`a} en juger par les individus que Larose identifie, des lieux d{\textquoteright}expression du projet social de l{\textquoteright}aile progressiste de la petite bourgeoisie francophone du tournant du si{\`e}cle. Les fr{\'e}quentations du r{\'e}seau des artistes prouvent que les peintres francophones {\`a} Montr{\'e}al se livrent {\`a} une sociabilit{\'e} r{\'e}elle mais qui n{\textquoteright}aboutit pas {\`a} une vie associative formelle. L{\textquoteright}analyse approfondie des diff{\'e}rents aspects de la vie de Larose a permis de percevoir la coh{\'e}rence derri{\`e}re des ambivalences apparentes chez lui\ : {\`a} la fois petit bourgeois et progressiste non loin du socialisme, artiste et capitaliste, anticl{\'e}rical et ami des membres du clerg{\'e}, universaliste et nationaliste. {\`A} travers ses int{\'e}r{\^e}ts et prises de position vari{\'e}s, il ne se contredit pas, car il tend invariablement vers les m{\^e}mes buts : le progr{\`e}s, l{\textquoteright}am{\'e}lioration de la condition humaine, la fin de l{\textquoteright}asservissement et le respect de la dignit{\'e} individuelle et collective. En plus d{\textquoteright}arriver {\`a} une appr{\'e}ciation plus nuanc{\'e}e d{\textquoteright}un individu dans ses constances et dans sa globalit{\'e}, nous avons pu rendre compte des id{\'e}es modernes qui animaient la soci{\'e}t{\'e} qu{\'e}b{\'e}coise du tournant du si{\`e}cle, tout en d{\'e}montrant qu{\textquoteright}il n{\textquoteright}y a pas n{\'e}cessairement ad{\'e}quation parfaite entre modernit{\'e} et art moderne.
}, year = {2008}, pages = {537}, month = {12/2008}, publisher = {Universit{\'e} du Qu{\'e}bec {\`a} Trois-Rivi{\`e}res}, url = {https://depot-e.uqtr.ca/id/eprint/1986}, }