@phdthesis{bibcite_1529, author = {Carl P{\'e}pin}, title = {Les relations franco-qu{\'e}b{\'e}coises pendant la Grande Guerre}, abstract = {

Cette recherche porte sur les relations entre la France et le Qu{\'e}bec au cours de la Premi{\`e}re Guerre mondiale. En fondant la d{\'e}marche sur l{\textquoteright}analyse de sources tels les archives diplomatiques, les journaux, les publications d{\textquoteright}{\'e}poque, etc., il a {\'e}t{\'e} possible de voir que la guerre a offert des occasions d{\textquoteright}intensifier et d{\textquoteright}am{\'e}liorer des relations entre la France et le Qu{\'e}bec.

Du point de vue des relations commerciales et {\'e}conomiques, la guerre a vite montr{\'e} les limites, voire la presque impossibilit{\'e} d{\textquoteright}{\'e}tablir et de g{\'e}rer un commerce strictement franco-qu{\'e}b{\'e}cois. Les commer{\c c}ants qu{\'e}b{\'e}cois avaient bien peu de poids face au monopole de la Hudson Bay Company, {\`a} la bureaucratie fran{\c c}aise, {\`a} l{\textquoteright}absence de structures de transport et aussi face {\`a} l{\textquoteright}intervention tardive de l{\textquoteright}{\'E}tat.

Sur le plan sociomilitaire, selon une perspective fran{\c c}aise, le Qu{\'e}bec n{\textquoteright}a pas fourni une contribution militaire {\`a} l{\textquoteright}{\'e}gal de sa population. Par contre, les Canadiens fran{\c c}ais ont contribu{\'e} {\`a} l{\textquoteright}effort de guerre, par exemple en fournissant des h{\^o}pitaux militaires. Compte tenu du faible enr{\^o}lement, certains Fran{\c c}ais doutaient tout de m{\^e}me de la valeur que les Canadiens fran{\c c}ais accordaient {\`a} la cause alli{\'e}e.

Pour les intellectuels canadiens-fran{\c c}ais, il est clair que la guerre avait permis de revoir sous un nouvel angle les discours sur la France, notamment sur le r{\'e}veil religieux. Pour certains d{\textquoteright}entre eux, m{\^e}me si l{\textquoteright}influence culturelle de cette derni{\`e}re {\'e}tait ind{\'e}niable, fallait-il pour autant aller mourir dans les tranch{\'e}es? Pour d{\textquoteright}autres, il fallait tout de m{\^e}me passer outre {\`a} cette France la{\"\i}que et collaborer {\`a} l{\textquoteright}effort de guerre.

Il s{\textquoteright}agissait l{\`a} d{\textquoteright}un travail consid{\'e}rable de changement de discours, car depuis le d{\'e}but du XXe si{\`e}cle, le clerg{\'e} autant que les intellectuels francophiles avaient d{\'e}cri{\'e} cet {\'E}tat qui faisait fi de son histoire et qui pers{\'e}cutait les catholiques. Il fallait donc montrer que ce renouveau religieux {\'e}tait r{\'e}el et qu{\textquoteright}il valait la peine d{\textquoteright}aider la France.

Quant aux membres du clerg{\'e}, on peut avancer que leur vision du conflit {\'e}tait partag{\'e}e en deux, selon que les analyses provenaient du haut ou du bas clerg{\'e}. Une partie du haut clerg{\'e} appuyait officiellement l{\textquoteright}effort de guerre du Canada. Par contre, le bas clerg{\'e} n{\textquoteright}h{\'e}sitait pas {\`a} s{\textquoteright}{\'e}lever contre la conscription en chaire. Pour l{\textquoteright}{\'E}glise canadienne, le r{\'e}veil religieux fran{\c c}ais {\'e}tait une carte importante {\`a} faire jouer aupr{\`e}s de ses ouailles. Mais l{\`a} encore, cela ne suff{\^\i}t pas {\`a} augmenter l{\textquoteright}enr{\^o}lement des Canadiens fran{\c c}ais.

La fin de la Grande Guerre ne changera pas radicalement la situation internationale du Canada, pas plus qu{\textquoteright}elle ne le fera pour les rapports France-Qu{\'e}bec. Il faudra attendre les ann{\'e}es 1960 pour voir ces relations r{\'e}ellement se d{\'e}velopper. Mais on peut tout de m{\^e}me croire que les {\'e}v{\'e}nements de 1914-1918 avaient ouvert la voie.

}, year = {2008}, pages = {326}, month = {2008}, publisher = {Universit{\'e} Laval}, url = {http://hdl.handle.net/20.500.11794/20127}, }