@phdthesis{bibcite_1297, author = {Daniel Boutet}, title = {Le mouvement d{\textquoteright}opposition au monopole de l{\textquoteright}{\'e}lectricit{\'e} {\`a} Qu{\'e}bec dans l{\textquoteright}entre-deux-guerres}, abstract = {

{\`A} partir de la fin du XIXe si{\`e}cle, d{\'e}bute au Qu{\'e}bec une p{\'e}riode de croissance s{\textquoteright}appuyant sur l{\textquoteright}exploitation massive des ressources naturelles r{\'e}alis{\'e}e par des entreprises de haute technologie. Les premi{\`e}res d{\'e}cennies du si{\`e}cle sont caract{\'e}ris{\'e}es par un important mouvement de concentration {\'e}conomique qui culmine par la grande effervescence financi{\`e}re des ann{\'e}es 1920, puis par la Crise de 1930. Cette {\'e}poque est le moment pour les {\'e}lites canadiennes-fran{\c c}aises de prendre conscience de leur marginalisation croissante face au grand capital anglo-saxon en m{\^e}me temps que la r{\'e}appropriation des leviers {\'e}conomiques leur appara{\^\i}t de plus en plus comme une priorit{\'e}. La cr{\'e}ation de monopoles de services d{\textquoteright}utilit{\'e}s publiques est particuli{\`e}rement critiqu{\'e}e. Dans certaines villes, de v{\'e}ritables mouvements de contestation antimonopoles pr{\^o}nent la prise en charge des services publics par les municipalit{\'e}s. Et c{\textquoteright}est la ville de Qu{\'e}bec qui, {\`a} compter de la fin des ann{\'e}es 1920, constitue le principal foyer qu{\'e}b{\'e}cois de cette opposition au grand capital.

Ce m{\'e}moire situe d{\textquoteright}abord le contexte de formation du mouvement antimonopole de Qu{\'e}bec durant l{\textquoteright}entre-deux-guerres. Pour ce faire, nous examinons les {\'e}tapes qui men{\`e}rent {\`a} l{\textquoteright}{\'e}tablissement du monopole de Quebec Power dans cette ville. Nous pr{\^e}tons ensuite attention aux bases sociales du mouvement et aux alliances auxquelles il a donn{\'e} lieu. Pour cela, nous nous appuyons sur la correspondance et divers rapports pr{\'e}par{\'e}s par les organismes concern{\'e}s. Les interventions des antitrustards au Conseil de ville et devant la L{\'e}gislature provinciale sont aussi prises en compte pour cerner leurs strat{\'e}gies et leurs objectifs.

Cette recherche nous a permis d{\textquoteright}{\'e}clairer les dynamiques du mouvement contestataire de Qu{\'e}bec et les strat{\'e}gies de la compagnie pour conserver ses privil{\`e}ges d{\textquoteright}exploitation. Avant la radicalisation du mouvement, vers 1930, ce sont d{\textquoteright}abord les usagers commerciaux et industriels qui se montrent pr{\'e}occup{\'e}s par le prix de l{\textquoteright}{\'e}nergie. Les tarifs domestiques de l{\textquoteright}{\'e}lectricit{\'e} ne sont gu{\`e}re consid{\'e}r{\'e}s. Cette situation fait de la Chambre de commerce de Qu{\'e}bec le premier opposant aux pratiques tarifaires de Quebec Power. Des {\'e}tudes comparatives sont command{\'e}es; elles font du syst{\`e}me ontarien le mod{\`e}le {\`a} imiter. La politique non interventionniste du premier ministre Taschereau en mati{\`e}re d{\textquoteright}{\'e}lectricit{\'e}, qui octroie une grande marge de man{\oe}uvre aux entreprises d{\textquoteright}{\'e}lectricit{\'e}, est aussi fortement critiqu{\'e}e. Nos propres calculs permettent de confirmer que le prix de l{\textquoteright}{\'e}lectricit{\'e} {\`a} Qu{\'e}bec est l{\textquoteright}un des plus {\'e}lev{\'e}s au Canada. Vers 1930, le mouvement {\'e}largit ses bases gr{\^a}ce notamment {\`a} l{\textquoteright}entr{\'e}e en sc{\`e}ne du docteur Philippe Hamel qui entra{\^\i}ne avec lui le groupe des consommateurs domestiques; la question de l{\textquoteright}{\'e}lectricit{\'e} n{\textquoteright}est plus seulement l{\textquoteright}apanage des hommes d{\textquoteright}affaires. Le mouvement contestataire , d{\textquoteright}abord {\`a} caract{\`e}re uniclassiste, devient un mouvement plus g{\'e}n{\'e}ral. En contrepartie, cependant, il se trouve fragilis{\'e} par d{\textquoteright}importantes divergences d{\textquoteright}opinion quant aux rem{\`e}des {\`a} employer pour parvenir {\`a} r{\'e}duire les tarifs de l{\textquoteright}{\'e}lectricit{\'e} {\`a} Qu{\'e}bec. Les milieux d{\textquoteright}affaires optent pour l{\textquoteright}adoption de mesures incitatives visant {\`a} hausser la consommation domestique, alors que l{\textquoteright}opinion populaire se montre favorable {\`a} la municipalisation du service de l{\textquoteright}{\'e}lectricit{\'e}.

En 1935, apr{\`e}s maints rebondissements , Quebec Power parvient {\`a} obtenir le renouvellement de son contrat avec la ville. Les antitrustards accueillent la nouvelle avec d{\'e}ception. Mais la question de l{\textquoteright}{\'e}lectricit{\'e} {\`a} Qu{\'e}bec n{\textquoteright}est pas encore r{\'e}solue et se pose dor{\'e}navant {\`a} un niveau supra-local. C{\textquoteright}est le gouvernement provincial qui en est saisi et qui se voit forc{\'e} d{\textquoteright}imposer de nouvelles r{\`e}gles du jeu\ : l{\textquoteright}instauration d{\textquoteright}une r{\'e}glementation beaucoup plus ferme {\`a} compter de 1935, puis la nationalisation partielle de 1944 qui donne naissance {\`a} Hydro-Qu{\'e}bec. Entre-temps, Quebec Power a r{\'e}vis{\'e} {\`a} nouveau ses tarifs, les rendant cette fois conformes aux demandes historiques de la ville et de ses abonn{\'e}s.

}, year = {1999}, pages = {113}, month = {1999}, publisher = {Universit{\'e} du Qu{\'e}bec {\`a} Trois-Rivi{\`e}res}, url = {https://depot-e.uqtr.ca/id/eprint/3358}, }