@phdthesis{bibcite_1203, author = {Jacques V{\'e}zina}, title = {La professionnalisation de la S{\^u}ret{\'e} provinciale du Qu{\'e}bec, 1960-1970}, abstract = {
{\`A} partir d{\textquoteright}une enqu{\^e}te qualitative conduite aupr{\`e}s de vingt ex-policiers entr{\'e}s dans la S{\^u}ret{\'e} provinciale du Qu{\'e}bec entre 1961 et 1966, cette recherche met en lumi{\`e}re les diff{\'e}rents fondements sur lesquels repose la r{\'e}organisation majeure que conna{\^\i}t cette institution lors de l{\textquoteright}arriv{\'e}e au pouvoir des Lib{\'e}raux de Jean Lesage.
Une nouvelle direction, compos{\'e}e d{\textquoteright}ex-membres de la Gendarmerie royale du Canada, {\'e}dicte de nouvelles normes de recrutement et de s{\'e}lection du personnel policier, dont une scolarit{\'e} plus {\'e}lev{\'e}e des recrues. Elle instaure {\'e}galement une premi{\`e}re {\'e}cole de formation, de style militaire, passage pr{\'e}alable et obligatoire {\`a} l{\textquoteright}exercice de la fonction polici{\`e}re.
Notre enqu{\^e}te permet de mieux saisir le climat organisationnel {\`a} l{\textquoteright}int{\'e}rieur duquel ces jeunes policiers amorcent leurs carri{\`e}res. Elle rel{\`e}ve leurs observations, quant aux habitudes et attitudes de travail de l{\textquoteright}{\'e}poque. Elle nous d{\'e}montre de plus comment ces policiers sont partie prenante de cette soci{\'e}t{\'e} qu{\'e}b{\'e}coise mutante dans laquelle ils {\'e}voluent. Ainsi en est-il de l{\textquoteright}observation de la professionnalisation et de la syndicalisation de ce corps de m{\'e}tier, enjeux sociaux importants des ann{\'e}es 1960.
Cependant, l{\textquoteright}axe central de cette recherche repose sur une description d{\'e}taill{\'e}e des styles d{\textquoteright}autorit{\'e} auxquels ces jeunes hommes ont {\'e}t{\'e} soumis depuis leur enfance jusqu{\textquoteright}{\`a} leur sortie de l{\textquoteright}{\'e}cole de police. Essentiellement patriarcales et rigides, ces autorit{\'e}s qui les ont guid{\'e}s ont eu recours {\`a} toute une panoplie de moyens pour s{\textquoteright}imposer\ : de la simple r{\'e}primande verbale aux ch{\^a}timents physiques percutants. Leurs t{\'e}moignages permettent de mieux comprendre les rites langagiers et sociaux de l{\textquoteright}{\'e}poque. De plus, nous saisissons comment ils se sont incarn{\'e}s dans les figures d{\textquoteright}autorit{\'e} de la m{\`e}re, du p{\`e}re, du ma{\^\i}tre d{\textquoteright}{\'e}cole et d{\textquoteright}autres adultes significatifs qui ont marqu{\'e} leur enfance et leur jeunesse. Ainsi, ces ex-policiers d{\'e}finissent-ils sur quelles pr{\'e}misses a repos{\'e}, {\`a} ses d{\'e}buts, leur propre exercice de l{\textquoteright}autorit{\'e} polici{\`e}re, tant dans sa forme langagi{\`e}re que comportementale.
Cette recherche d{\'e}montre surtout que la r{\'e}ussite de ce grand mouvement de changement qui balaie la S{\^u}ret{\'e} provinciale de ce temps va bien au-del{\`a} des nouvelles modalit{\'e}s administratives instaur{\'e}es dans cette p{\'e}riode. En effet, nous croyons que c{\textquoteright}est par l{\textquoteright}observation du type d{\textquoteright}autorit{\'e} instaur{\'e}e par les ex-membres de la GRC que nous pouvons saisir les {\'e}l{\'e}ments fondamentaux sur lesquels repose cette transformation. Si ces jeunes policiers fra{\^\i}chement form{\'e}s, affect{\'e}s assez rapidement aux activit{\'e}s de la patrouille, acceptent de pratiquer de nouvelles attitudes et habitudes de travail, c{\textquoteright}est qu{\textquoteright}ils doivent le faire sous la menace d{\textquoteright}une autorit{\'e} implacable. En effet, c{\textquoteright}est l{\textquoteright}application intransigeante de nouvelles r{\`e}gles de disciplines, radicale et sans aucun droit d{\textquoteright}appel, qui force les jeunes policiers {\`a} s{\textquoteright}y conformer. En r{\'e}alit{\'e}, cette nouvelle autorit{\'e} polici{\`e}re est identique {\`a} toutes celles qu{\textquoteright}ils ont connues avant leur entr{\'e}e dans la police: c{\textquoteright}est-{\`a}-dire qu{\textquoteright}elle est {\`a} sens unique et qu{\textquoteright}ils ne peuvent pas la discuter. Ces diff{\'e}rentes autorit{\'e}s et leurs mandataires ont toutes maintenu ces jeunes dans un {\'e}tat de totale d{\'e}pendance au moyen de mesures disciplinaires radicales, intimidantes voire apeurantes. Cette recherche permet {\'e}galement de comprendre que le mouvement de syndicalisation auquel ils s{\textquoteright}associent, tout en {\'e}tant synchronis{\'e} avec celui de la fonction publique qu{\'e}b{\'e}coise, repr{\'e}sente la seule v{\'e}ritable arme et la plus efficace sans doute, qu{\textquoteright}ils puissent utiliser pour confronter honorablement une autorit{\'e} jusqu{\textquoteright}alors sans limites.
Enfin, cette {\'e}tude fait voir que la r{\'e}organisation majeure qui bouleverse la S{\^u}ret{\'e} provinciale ne touche pas en profondeur le secteur des enqu{\^e}tes sp{\'e}cialis{\'e}es, son bastion fort depuis sa cr{\'e}ation comme force polici{\`e}re. Ainsi est-il opportun de se demander dans quelle mesure cette professionnalisation et cette mise en place de nouvelles attitudes et habitudes de travail a vraiment touch{\'e} l{\textquoteright}ensemble des policiers de cette organisation.
}, year = {2002}, pages = {167}, month = {2002}, publisher = {Universit{\'e} du Qu{\'e}bec {\`a} Trois-Rivi{\`e}res}, url = {https://depot-e.uqtr.ca/id/eprint/2623}, }