@phdthesis{bibcite_1146, author = {S{\'e}bastien Couvrette}, title = {La transmission du patrimoine seigneurial des familles du gouvernement de Montr{\'e}al aux XVIIe et XVIIIe si{\`e}cles}, abstract = {
La pr{\'e}sente {\'e}tude analyse les pratiques de transmission du bien seigneurial des familles propri{\'e}taires du gouvernement de Montr{\'e}al aux XVIIe et XVIIIe si{\`e}cles. Elle se situe au carrefour d{\textquoteright}une historiographie qui porte, d{\textquoteright}une part, sur le r{\^o}le que tiennent les seigneurs canadiens dans la d{\'e}finition et la gestion de l{\textquoteright}institution seigneuriale et, d{\textquoteright}autre part, sur les modalit{\'e}s des processus de transmission du patrimoine familial et de reproduction sociale des familles paysannes du Canada pr{\'e}industriel. Aux XVIIe et XVIIIe si{\`e}cles, le territoire de la Nouvelle-France est d{\'e}coup{\'e} en fiefs accord{\'e}s {\`a} des soci{\'e}t{\'e}s, {\`a} des communaut{\'e}s religieuses et {\`a} des individus choisis par l{\textquoteright}administration coloniale. Au cours de leur cycle de vie, les propri{\'e}taires de seigneurie vont faire face {\`a} des contraintes et des pressions familiales, juridiques et socio{\'e}conomiques susceptibles d{\textquoteright}entra{\^\i}ner la perte du bien. Du point de vue de la loi, les modalit{\'e}s de partage de la Coutume de Paris, droit en vigueur dans la colonie, morcellent les fiefs {\`a} chaque nouvelle g{\'e}n{\'e}ration en autant de parts qu{\textquoteright}il y a d{\textquoteright}h{\'e}ritiers. Ralenti par le droit d{\textquoteright}a{\^\i}nesse, qui accorde la moiti{\'e} du fief {\`a} son d{\'e}tenteur (g{\'e}n{\'e}ralement l{\textquoteright}a{\^\i}n{\'e} des fils), le morcellement est cependant in{\'e}vitable. Il semble donc que certaines familles seigneuriales doivent mettre en place des strat{\'e}gies de gestion permettant de restreindre l{\textquoteright}impact du processus de morcellement en assurant la succession et la conservation de la terre.
La premi{\`e}re partie du m{\'e}moire situe, {\`a} l{\textquoteright}{\'e}chelle coloniale et familiale, les pratiques de transmission des biens nobles qui sont analys{\'e}es dans la deuxi{\`e}me partie. De prime abord, un bilan historiographique du r{\'e}gime seigneurial et des successions paysannes permet de d{\'e}gager certaines caract{\'e}ristiques propres {\`a} la transmission des fiefs tenus par des propri{\'e}taires la{\"\i}ques. Ensuite, le processus de transmission est mis en contexte par une compr{\'e}hension d{\textquoteright}ensemble de la composition et des comportements d{\'e}mographiques des familles de seigneur ainsi que des concepts de 11 gestion et de strat{\'e}gie qui se rattachent aux attitudes exprim{\'e}es dans les transactions notariales. Une recension des actes notari{\'e}s, source premi{\`e}re de l{\textquoteright}{\'e}tude, permet donc d{\textquoteright}analyser, dans la deuxi{\`e}me partie du m{\'e}moire, les processus de reproduction sociale, de transmission du patrimoine familial, de morcellement et de conservation des fiefs.
Globalement, la recherche d{\'e}montre qu{\textquoteright}une partie de la transmission du patrimoine familial est assur{\'e}e par des transactions men{\'e}es par les parents (comme les concessions de terres en censive et les avances d{\textquoteright}hoirie), qui ont lieu autour de la p{\'e}riode du mariage des enfants. Par la suite, le processus de morcellement, qui s{\textquoteright}amorce avec le d{\'e}c{\`e}s du seigneur, ne suppose pas n{\'e}cessairement la perte du bien et plusieurs familles le conservent au-del{\`a} de la troisi{\`e}me et de la quatri{\`e}me g{\'e}n{\'e}rations. La pr{\'e}servation des biens {\`a} l{\textquoteright}int{\'e}rieur du patrimoine familial revient g{\'e}n{\'e}ralement {\`a} l{\textquoteright}a{\^\i}n{\'e} de la succession qui se trouve en position avantageuse pour remembrer et consolider le fief en rachetant les parts des coh{\'e}ritiers. Ainsi, l{\textquoteright}{\'e}tude d{\'e}montre que la division de la seigneurie entre les h{\'e}ritiers ne constitue pas une cause fondamentale du processus d{\textquoteright}ali{\'e}nation du fief pour les familles {\'e}tudi{\'e}es. Qui plus est, le manque d{\textquoteright}int{\'e}r{\^e}t pour la propri{\'e}t{\'e} seigneuriale, la pr{\'e}dominance de pr{\'e}occupations socio{\'e}conomiques {\'e}trang{\`e}res aux fiefs et les al{\'e}as d{\'e}mographiques, qui laissent une veuve seule ou avec des enfants en bas {\^a}ge, repr{\'e}sentent des facteurs qui fragilisent les successions et m{\`e}nent {\`a} la perte du bien. Enfin, le m{\'e}moire signale une grande diversit{\'e} de parcours des membres de la famille propri{\'e}taire (seigneur, fils a{\^\i}n{\'e}, {\'e}pouse, veuve et coh{\'e}ritier), dont les comportements et les actions d{\'e}terminent souvent le destin des fiefs.
Bref, le m{\'e}moire fait valoir le r{\^o}le dominant de la famille seigneuriale dans la gestion, la transmission et la conservation des fiefs; une famille trop souvent oubli{\'e}e et rel{\'e}gu{\'e}e {\`a} l{\textquoteright}arri{\`e}re-plan de l{\textquoteright}historiographie de l{\textquoteright}institution seigneuriale au Canada.
}, year = {2003}, pages = {106}, month = {2003}, publisher = {Universit{\'e} de Montr{\'e}al}, url = {http://hdl.handle.net/1866/14802}, }